Frayeur ! 22 au 25 janvier 2010
26012010
Vendredi 22 janvier :
Etant partie en voyage après un “au revoir” à mes saboteux en pleine forme, ce fût avec une énorme angoisse que j'écoutais le message sur mon répondeur du propriétaire de la pension de mes poilus m'annonçant que Baibai allait très mal vendredi matin. Apparemment il était couché, très essoufflé, les naseaux rejetant un liquide blanchâtre, et avait beaucoup de mal à se lever. Lorsqu'il y parvint ce fût pour tituber pendant quelques pas et se recoucher.
N'étant pas surplace, j'avertis aussitôt mon père qui se précipita aux côtés de mon papynou en attendant la visite de la vétérinaire.
L'angoisse était immense car comme l'avait dit le propriétaire de ma pension, nous pensions que c'était la fin, et qu'elle allait devoir l'euthanasier… Je pleurais toutes les larmes de mon corps en me maudissant d'être aussi loin et de ne pouvoir rentrer avant dimanche. Comme j'aurais aimé être à ses côtés… J'avais beau essayer de me consoler en me disant que 26 ans ce n'est pas si mal et qu'il a eu une belle vie ; je n'y parvenais pas. Je restais accrochée à mon téléphone en attente de nouvelles comme si sa vie en dépendait.
Après consultation vétérinaire, il s'avérait que Baibai avait un bouchon intestinal très certainement dû à une ingestion de sable. Le jetage de ses naseaux n'était que le fait de son emphysème respiratoire chronique acquis il y a des années et stabilisé depuis son déménagement de Dordogne. Il avait dû faire beaucoup d'efforts pour essayer de se lever. Sa fréquence cardiaque étant aussi très élevée, seule une hospitalisation en urgence en clinique pouvait le sauver. Chaque minute comptait si je voulais qu'il ait peut être une petite chance de s'en sortir, mais rien n'était gagné, bien au contraire.
Lorsque la vétérinaire m'annonça ce diagnostic la terre s'ouvrit sous mes pieds. Tout aurait été si simple si j'avais été présente ! Baibai serait déjà dans le van. Mon père était épuisé et désespéré, il se sentait impuissant et perdu. Il ne se sentait pas capable d'assumer cela seul…
Je décidais alors d'essayer de trouver quelqu'un qui soit disponible et veuille bien l'aider à transporter Prince en clinique pour essayer de le sauver.
Je tremblais de tout mon corps quand, si loin, mes coups de téléphone sonnaient dans le vide pour entendre d'enclencher un répondeur ou apprendre que mes amis étaient aussi en déplacement.
Mon coeur fit un bond énorme lorsque Sandra décrocha et me répondit sans hésiter qu'elle lâchait tout pour rejoindre mon père au haras ! Je ne pourrais jamais assez la remercier pour ça !
L'attente durant le trajet fût longue, pour eux comme pour moi qui n'avait de cesse de savoir où ils en étaient.
Après palpation et des nombreux examens sanguins, échographiques, l'administration de charbon et de paraffine par sonde nasogastrique et perfusion, j'eus le vétérinaire de garde au téléphone qui m'expliqua ce qu'il se passait. Il confirma le diagnostic précédemment établi et m'annonça qu'il avait aussi une infection. Une partie de son intestin était peu mobile mais heureusement il n'y avait pas de torsion. Il y avait peu de chances de le sauver et les prochaines 24 à 48h seraient déterminantes…
Parallèlement à cela l'angoisse d'une blessure ou de la re-fracture éventuelle du pied de Qualie était latente, car la sortie du pré de son Prince l'avait rendue folle. Heureusement le propriétaire de ma pension alla plusieurs fois lui rendre visite pendant la nuit pour voir comment elle était.
Lorsque cette journée noire s'acheva, il devait être minuit - 1h du matin. Mon père et Sandra avaient fait leur maximum pour sauver mon Baibai d'amour, et il était entre de bonnes mains.
Samedi 23 janvier :
Les nouvelles furent meilleures pour Baibai du côté digestif : il avait fait son crottin et avait mangé sa ration avec appétit. Malheureusement le vétérinaire découvrit un énorme souffle cardiaque qui l'inquiétait beaucoup, associé à un rythme cardiaque toujours assez élevé. Il n'était pas encore sauvé et les 24 prochaines heures pourraient être déterminantes…
Dimanche 24 janvier :
Me voici enfin de retour ! Bien qu'épuisés par le voyage, nous nous précipitâmes aussitôt à la clinique pour voir Baibai. Il me tardait tant de pouvoir le serrer dans mes bras et sentir sa bonne odeur !
Mon papynou fêta dignement nos retrouvailles par une forme éclatante ! On lui avait mis un pot pour qu'il ne mange pas la paille de sa litière au risque d'avoir d'autres soucis digestifs, et cela le mettait hors de lui ! Il tournait en rond dans son box comme une toupie, hennissait et donnait des coups de tête pour essayer de se débarrasser de son pot. Je retrouvait mon Baibai caractériel de sa jeunesse !
Son rythme cardiaque était bien redescendu depuis la veille (40 pls/min), mais il conservait son souffle cardiaque inquiétant. Le vétérinaire le garda en observation jusqu'au lendemain.
Lundi 25 janvier :
Après une nouvelle auscultation et une échographie, le vétérinaire autorisa Baibai à rentrer !
Son rythme cardiaque était correct (44 pls/min), mais son souffle était toujours bien présent. L'échographie démontrait qu'une de ses 3 valves aortiques ne se ferme plus. Nous pensions qu'il devait déjà l'avoir, du moins en partie, depuis quelques temps, ce qui me fait penser que si depuis un peu plus d'un an je trouvais Baibai changé, comme vieillit, cela pouvait en être la cause…
Je me délestais donc de quelques centaines d'euros et pris connaissance des consignes de retour de mon papynou : antibiotiques injectables pendant 4 jours + traitement permettant la reconstitution de la flore intestinale, et surveillance de sa température, de son hydratation et de ses crottins (ce qui n'allait pas être simple à différencier de ceux de Qualie…).
Nous embarquâmes ensuite monsieur Baibai dans le van qui monta sans se faire prier, après avoir été raccompagnés par le vétérinaire qui me confia qu'il avait été infernal ce matin ! Je retrouvais bien là le caractère de mon Baibai qui lorsqu'il va bien, ne supporte pas la vie en box !
De retour au pré, Qualie explosa de joie en cabrés, coup de cul, sauts de mouton et galops effrénés en réaction au bonheur des retrouvailles de son Prince chéri. Elle me fit pâlir de peur pour son pied, mais j'étais heureuse de les voir de nouveau ensemble ! J'eus aussi peur que les débordements de joie de ma belle n'excitent trop Baibai pour son coeur, mais il se montra raisonnable et se contenta de quelques foulées de trot et de plusieurs bonnes roulades !
Comme je l'ai déjà dit, je ne saurais jamais assez remercier Sandra sans qui Baibai ne serait très certainement plus là…
Je tiens aussi à remercier, bien entendu, mon père qui ne compte pas son temps et son énergie pour mes loulous et qui répond toujours présent au moindre soucis (et vous savez combien j'ai pu le solliciter surtout ces derniers temps).
Je n'oublie pas non plus mon chéri, qui, bien que mes chevaux représentent plus un cauchemar et des contraintes pour lui qu'autre chose ; m'a soutenue tout au long de cette frayeur, supportant mes pleurs et mes doutes et me réconfortant du mieux possible.
Je sais malheureusement que mon Baibai ne sera pas éternel et que ses soucis cardiaques ne font que raccourcir le temps que nous avons à passer ensemble, mais je préfèrerais qu'il s'éteigne gentiment dans son pré aux côtés de Qualie. Bien entendu la vie est malheureusement souvent plus dure…
Dimanche : Baibai en clinique avec son pot, le regard plus vif, et moi, heureuse de le revoir alors que je n'y croyais pas :
La famille au chevet du malade :
Ma mère, heureuse de savoir Baibai en meilleure forme (même si les chevaux ne sont pas sa tasse de thé, elle a participé à s'en occuper pendant de nombreuses années et aime le savoir heureux et en bonne santé) :
Mon chéri, dont mes chevaux sont synonymes de contraintes, mais qui est heureux de savoir Baibai en meilleure forme, car il sait combien il compte pour moi :
Retour à la “maison” :
Que c'est bon de se rouler !
Le calme avant la tempête :
Baibai et la jument à ressorts :
”Chouette ! Baibai est revenu ! Je me défoule !” :
Retour au calme :
Un petit coup pour écouter le docteur :
Pause broute-broute :
En vidéo… :
Catégories : Carnet de route, Aie ouille...
















































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